
100 x 73 cm - Huile sur toile
Journal d'atelier
Pour nous émouvoir, un tableau ne doit jamais se contenter de nous rappeler la vie, il doit avoir une vie propre, justement pour refléter la vie.
Un journal, cela doit être fait comme une œuvre d’art. Comme une sculpture, comme un roman. Ce n’est pas fait pour écrire «il y a eu 10 000 morts dans un tremblement de terre au Pérou» mais pour en faire ressentir les secousses.
L'expressionnisme abstrait est déjà tout entier dans les marques de Rembrand. Mais Rembrandt l'a fait avec cela de plus qu'il s'agissait d'une tentative pour enregistrer un fait, ce qui est pour moi beaucoup plus excitant et beaucoup plus profond. [...] Voyez-vous, je pense que l'art rend compte, je pense que c'est un reportage. Et je pense que dans l'art abstrait, il n'y a pas de reportage, il n'y a rien d'autre que l'esthétique du peintre et ses quelques sensations. Il n'y a là jamais aucune tension.
" Devant cette question deux réactions sont possibles: l'une consiste à se laisser fasciner et à reproduire les signes de cette barbarie, de façon mimétique, un peu comme un exorcisme. J'ai choisi, au contraire, de refuser ce ressassement morbide, et de tenter d'accéder à une forme de beauté, vers un ailleurs du tableau. Je refuse aussi le constat de la mort de l'art. La picturalité est pour moi l'unique moyen d'exprimer un certain champ de l'humain. C'est là ma morale. Et ces affirmations qui sont de l'ordre de l'éthique fondent l'esthétique de mon travail. Je voudrais que l'on puisse dire: c'est une peinture précise, produite en un lieu précis et à un moment précis par ce peintre-là. "
“Avancer toujours, même si on n’y croit plus. Avancer malgré la perte du but, avancer malgré la raison qui nous fige, nous immobilise, malgré la futilité que l’on découvre même dans ce qu’avancer veut bien signifier. Avancer même si on a perdu toute fierté, toute capacité à espérer. Avancer.”